Frédéric Reculeau : « Construire quelque chose de beau »
Il ne reste plus que neuf journées en National 2 et le sprint final est lancé. Dans la poule A, la Roche Vendée Football se dispute la tête avec les Girondins de Bordeaux, tandis que l’Aviron Bayonnais reste dans leur sillage. Une position qui confirme la progression régulière du club vendéen ces dernières saisons avant d’affronter ses deux concurrents directs dans les prochains jours…
Arrivé sur le banc à l’été 2022, Frédéric Reculeau dispute actuellement sa troisième saison à la tête de La Roche Vendée Football, un club qui a franchi un cap sous sa direction en s’affirmant comme un sérieux prétendant à la montée en National. À neuf journées du coup de sifflet final et avec encore deux confrontations face à des concurrents directs que sont Bordeaux et Bayonne, les Yonnais, emmenés notamment par Ibrahima Keita (10 buts) et Alexis Araujo (9 buts) devant, présentent un bilan solide : 14 victoires en 21 matchs, 43 unités inscrites (soit plus de deux par rencontre) et seulement 22 encaissés, ce qui en fait une des forteresses de la poule.

Pour revenir sur cette saison marquée notamment par le mano à mano avec le FCGB, co-leader, nous avons interrogé l’entraîneur vendéen sur son ressenti actuel, sur l’évolution du club depuis son arrivée, lui qui a notamment passé 20 ans au Luçon Football Club, d’abord en tant que joueur puis comme entraîneur, avant de guider le club d’Avranches durant quatre saisons jusqu’en 2022. Il s’y est d’ailleurs imposé (0-1) avec son équipe le week-end dernier, maintenant les ambitions intactes avant le choc face aux Marines prévu samedi…
Frédéric, quel regard portez-vous sur la saison réalisée par La Roche jusqu’à présent, avec cette place de co-leader et une série en cours de 12 matchs sans défaite ?
Je ne me focalise pas trop sur l’avenir, je me concentre surtout sur le moment présent. Bien sûr, on s’appuie sur une dynamique pour bien préparer la semaine, mais je reste quelqu’un qui pense à court terme. On veut construire quelque chose de beau et profiter pleinement du travail quotidien. C’est pour ça qu’on fait les choses du mieux possible, de manière pragmatique. Il y a beaucoup d’envie de la part de tous dans le club.

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Imaginiez- vous La Roche jouer les premiers rôles en National 2 aussi rapidement ?
En revenant en Vendée, je voulais rejoindre un projet comme celui-ci… et surtout y croire. On est montés la première année, puis on a échoué d’un point la deuxième année, qui avait mal commencé mais avant de très bien se finir. Aujourd’hui, on est encore dans la même situation. On aimerait réussir vite, mais ça prend du temps. Peu de clubs y arrivent si rapidement. On sait que le travail n’est pas terminé.
Comment votre groupe vit-il cette concurrence avec Bordeaux, un club d’une autre « dimension » ?
Ça rend les choses plus difficiles. On a des sentiments partagés, même si on est contents de jouer ce genre de match car ils sont différents. On a beau essayer de se dire le contraire, c’est un club qui a longtemps joué en Ligue 1, qui a joué la Coupe d’Europe donc ça ne fait pas le même effet que les autres équipes. Même s’ils fonctionnent maintenant comme un club de National 2, leurs infrastructures sont bien meilleures et le fait de les affronter dans notre groupe nous complique la tâche (sourire).

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Justement, vous les affrontez lors du prochain match pour la revanche de la dernière défaite en championnat à l’aller (0-3) …
Le match de samedi sera forcément vécu d’une autre façon, attendu d’une autre façon aussi, avec un engouement supérieur. On fait ce sport pour ça ! Le lendemain de cette jolie fessée, on a coché la date du match retour tout de suite car on a vraiment l’impression d’être passé au travers. On a pris une correction, sans orgueil, sans capacité à rivaliser. Je ne sais pas si le sentiment de revanche est adapté pour aborder la rencontre de samedi, on veut faire un match plein avec le sentiment de pouvoir vraiment rester dans la dimension sportive.
Depuis trois ans, avez-vous le sentiment d’avoir réussi à installer une identité de jeu ou un état d’esprit particulier à La Roche ?
Chaque club est différent. Nous, on se base sur notre travail au quotidien, notre envie de jouer et de progresser ensemble depuis le début de la saison. Seul le travail permet de transformer les paroles en actes. Avec l’expérience, j’ai appris qu’il ne faut pas perdre de temps et qu’il faut aller chercher des résultats le plus vite possible.
Le bilan depuis votre arrivée montre que votre méthode fonctionne…
On peut avoir plein de talents dans l’équipe mais c’est le travail qui fait la différence. Je veux que les joueurs comprennent le projet, restent positifs et agissent plutôt que de subir. On progresse semaine après semaine et saison après saison, mais pour l’instant, les résultats ne sont pas encore là. Cette saison montre qu’on est sur la bonne voie, mais en tant que footballeurs, on a plus de devoirs que de droits… et le message est plus simple à faire passer quand on joue un football adapté à notre équipe.
Y a-t-il des joueurs que vous avez senti passer un cap cette saison ?
Certains joueurs qui ont commencé en N3 s’affirment beaucoup plus aujourd’hui. Avec certains, on travaille ensemble depuis quatre ans, et on a tous envie d’aller chercher quelque chose. Quand on construit un groupe, c’est important d’avoir de la stabilité, des repères et des certitudes. Aujourd’hui, ce sont ces éléments qui sont un relais sur le terrain.
Quel a été selon vous le moment clé de la saison où vous avez senti que l’équipe pouvait viser la montée ?
Chaque saison est différente mais on reste dans la même logique depuis la montée en N3. On adapte notre discours selon la dynamique du moment. Le match à Bordeaux a compté sans être un vrai tournant. On s’appuie surtout sur ce qu’on vit au quotidien : le dernier match, les entraînements… Je ne suis pas un coach qui fixe des objectifs précis en termes de points ou de séries de matchs. En tout cas, ce n’est pas ma vision du foot et ce serait trop compliqué à gérer. Une semaine est déjà assez chargée comme ça. J’ai donc habitué les joueurs à avancer match après match. Parfois, on se sert d’un moment fort pour se motiver. On est enthousiastes, mais on garde la tête froide. Si on réussit, ce sera un exploit. Sinon, on pourra être frustrés, même en ayant bien travaillé.

Comment gérez-vous la pression de la fin de saison ?
On la vit, on la subit et on l’accepte (sourire). J’essaie d’adapter mon discours car chacun l’interprète différemment. On cherche une approche qui convienne à tous, à travers les entraînements et nos échanges, formels ou informels. C’est ça le management, et au fil des matchs, on se rapprochera du but final. Les joueurs sont investis dans ce qu’ils font, ils savent ce qu’ils veulent accomplir malgré la pression. Le vestiaire se sent bien.
Le club est- il conditionné pour jouer plus haut ?
Je suis vendéen, mais j’ai vraiment découvert le club en y arrivant il y a quatre ans. Je savais déjà qu’il y avait beaucoup d’attentes et que le public voulait voir La Roche revenir au premier plan. La Vendée est une terre de football : on sent un vrai engouement, et avec les résultats, on peut remplir un stade. Même si beaucoup de joueurs ne sont pas vendéens, on croit en ce qu’on construit depuis deux ou trois saisons, notamment depuis la montée de N3 à N2 il y a quatre ans. On sait que la déception peut être aussi forte que la joie en fin de saison. On reste donc prudents, sans s’enflammer. On se prépare à tout et on garde confiance en notre manière de travailler.
Vous qui avez tout connu dans un club comme Luçon, qu’est-ce que représente une montée en National pour la Roche ?
Tout cela fait partie d’un projet de club, avec une histoire commune et une nouvelle dynamique collective. Par exemple, notre équipe réserve se redynamise avec des joueurs formés au club, et nos U17 nationaux vont se maintenir cette saison. On sent la vie revenir dans le sportif : des joueurs seniors accompagnent les jeunes, et on voit que les choses reprennent forme. C’est un travail d’ensemble. Avec Benji (Benjamin Guillou, adjoint), notre objectif est de maintenir cette dynamique. On suit de près les jeunes, on est proches des éducateurs, et il y a un vrai élan positif.

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